Dans sa vie de tous les jours l’homme est confronté à une série de problèmes à résoudre et depuis de nombreux millénaires nous avons appris et été formés pour résoudre ces problèmes dans la mesure de nos capacités. Nous avons développé les possibilités de notre mental et acquis une expérience qui était transmise d’abord oralement puis par écrit.

 

_checs

 

Cette possibilité de communiquer aux autres, grâce à la parole, demande une faculté plus importante que celle du mental concret car les mots que l’on prononce sont très différents de ce que l’on veut exprimer.

Si je souhaite dire à quelqu’un : « je veux manger une banane », je peux le faire avec des gestes en imitant une personne qui mange un fruit ; c’est à dire en faisant semblant d’éplucher la banane, puis en portant à ma bouche la banane virtuelle, en la mâchant morceau après morceau et enfin en jetant la peau de banane.

 

J’espère que la personne qui me regarde va comprendre mon désir de manger une banane bien que le fruit ne soit pas encore en ma possession.

Lorsque j’utilise le langage, je vais articuler des mots dont chacun a une signification pour mon interlocuteur mais qui sont très éloignés de l’objet que je traite.

Chaque mot prononcé a en lui-même une signification « manger », « banane », « je », « veux »

Il m’est également nécessaire de les assembler logiquement en une phrase pour décrire le plus parfaitement possible l’objet de ma pensée.

 

Que ce soit à travers le langage ou l’écriture chaque mot est un « être » abstrait qui n’acquièrt une signification pour celui qui le reçoit que s’il y a eu apprentissage du langage et également en fonction du contexte de la situation.

L’homme de par sa vie sociale avec ses semblables a développé le langage, puis l’écriture et possède à un degré plus élevé que les animaux un mental abstrait.

 

Ce mental lui permet de faire des raisonnements non plus sur des choses concrètes mais sur des éléments abstraits comme les mots, les symboles, les chiffres.

L’univers du langage et de l’expression de l’homme devient de plus en plus complexe car pour pouvoir gagner en efficacité, l’homme s’est spécialisé et a créé un vocabulaire propre à cette spécialité et aux « objets » concrets ou abstraits auxquels il est confronté.

Pour un médecin par exemple, il a fallu nommer tous les organes et les fonctions du corps , donner un nom aux maladies, aux médicaments.

C’est pourquoi, si nous voulons comprendre l’univers de la médecine, nous sommes obligés de nous plonger dans son vocabulaire grâce à ses ouvrages et dictionnaires spécialisés.

 

De même si nous prenons les mathématiques, plus nous avançons dans l’étude de cette spécialité, plus cet univers devient abstrait avec un langage de chiffres, symboles, relations, axiomes, théorèmes, démonstrations…

Ainsi, dans chaque spécialité, il existe un domaine qui est abstrait et que nous ne pouvons comprendre que si nous avons été quelque peu initié par notre éducation, nos études, notre profession ou encore grâce à l’aiguillon de notre curiosité.

 

Les facultés du mental concret et abstrait peuvent s’exercer indépendamment du monde extérieur. Il suffit que je plonge dans ma mémoire, que je visualise des événements, des situations, des concepts pour que mon mental cherche à travailler et à établir des relations, un ordre logique, à trouver de nouvelles règles, de nouveaux concepts.

Les sens, dans ce cas, peuvent être une gène, un obstacle à ma réflexion.

Si j’entends du bruit, ou si des lumières m’agressent, je vais avoir plus de mal à me concentrer.

Si je suis perturbé par des sentiments, des émotions je vais également devoir lutter et essayer de pacifier mon corps émotionnel pour faire progresser ma réflexion mentale.

Nous pouvons intuitivement en déduire qu’il y a un élément séparé de mon corps physique et émotionnel qui mène une existence propre, il s’agit de mon corps mental.