Nous allons chercher tout au long de l’existence à augmenter le nombre de réussites et réduire autant que possible le nombre d’échecs. Ce processus va nous entraîner à déterminer les effets de nos actions, à rechercher les causes d’un résultat positif ou négatif ; c’est à dire ayant abouti ou non à la satisfaction du désir.

 

J’ai besoin de me nourrir et j’ai remarqué qu’en cuisant mes aliments, ils étaient plus faciles à manger et à digérer.

Il y a ici une relation de cause « la cuisson » à un effet positif «plus faciles à manger et à digérer »

 

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Lorsque je réussis à établir des relations de cause à effet, je peux plus facilement maîtriser mon environnement : J’ai touché au feu et je me suis brûlé et donc la prochaine fois je vais prendre un certain nombre de précautions pour éviter de reproduire la même souffrance ; je ne vais plus toucher au feu directement, mais par l’intermédiaire d’un bâton.

 

Dans ce cas je vais utiliser ma mémoire et comparer la nouvelle situation à une situation connue. Est-ce que j’ai besoin d’utiliser le feu ? si la réponse est oui, je sais que je dois éviter le contact direct avec le feu.

 

La démarche qui consiste à comparer, à établir des relations, à comprendre une situation, est une démarche froide, qui ne fait pas intervenir nos émotions, mais une autre partie de nous mêmes qui est le mental.

 

Le mental va créer un univers qui lui est propre et son objectif est d’aider l’individu à satisfaire ses désirs avec plus d’efficacité, de rapidité.

 

Mon mental, avec l’observation va m’aider par exemple à comprendre que les plantes que j’ai l’habitude de manger poussent avec des graines et que si je plante à mon tour ces graines, dans un terrain préparé, je vais pouvoir récolter les mêmes plantes au bout de quelques mois. Elles pourront donc m’aider à subsister avec moins d’efforts.

 

Ainsi est né le jardinage, puis l’agriculture. La recherche de l’efficacité a amené progressivement la mécanisation des tâches agricoles avec le cheval et la charrue, puis le tracteur, ceci pour qu’une même personne puisse nourrir de plus en plus de ses semblables.

 

Le mental va me permettre en utilisant l’observation, et l’analyse, de comprendre si mes actions sont efficaces ou non et quelles sont les actions correctives à apporter.

 

Je veux planter un clou dans une planche à l’aide d’un marteau et j’ai observé que le clou se tordait trop facilement si j’essaye de l’enfoncer en une seule manœuvre.

 

Je vais donc rechercher quelle est la méthode la plus efficace, pour ne pas tordre le clou et l’enfoncer assez rapidement.

 

Voici la démarche adoptée :

1.      En premier, je vais positionner le clou avec le pouce et l’index d’une main sur l’emplacement à clouter.

2.      Je vais ensuite prendre le marteau par le manche avec l’autre main et placer la tête en métal au-dessus du clou.

3.      Je vais soulever verticalement le marteau et accélérer le mouvement vers le bas pour venir frapper le clou avec la tête en métal, d’une force juste suffisante pour que le clou s’enfonce légèrement.

4.      Je vais reproduire le mouvement pour soulever le marteau une deuxième fois et, avec une force un peu supérieure, je vais frapper le clou tout en faisant attention à ce que la force de frappe soit le plus possible dirigée dans l’alignement du clou et que la tête en métal soit touchée par le clou à peu prés au milieu de sa surface de contact possible.

5.      Je vais lâcher le clou dès que celui-ci va pouvoir tenir seul, afin de ne pas risquer de me taper sur les doigts.

6.      Je vais terminer avec le nombre de frappes nécessaires en respectant les règles énoncées ci-dessus.

 

Tout cela peut sembler compliqué, mais une fois l’apprentissage effectué, je vais rapidement acquérir des habitudes, des réflexes qui vont me permettre de réduire mon attention et ma réflexion lorsque je vais refaire le même travail.

 

Mon mental, dans cette opération, est au service du but recherché et va me permettre d’établir une méthode, des règles pour réduire les difficultés.

 

Cette faculté est appelée le mental concret car elle s’exerce sur de nombreuses situations de la vie courante que l’on peut « toucher » de près.

 

Le mental concret établit des propriétés logiques : si je veux avoir deux planches de la même dimension, je vais superposer les deux planches et couper la partie qui dépasse de la plus grande des planches. La logique me dit que je dois couper la plus grande des planches et non le contraire.

 

Pour pouvoir réaliser une tâche complexe, je vais la diviser en une somme de tâches simples et établir un ordre d’exécution des tâches de la manière la plus logique possible ; c’est à dire me permettant d’accomplir ces tâches avec le maximum d’efficacité.

 

Lorsque je regarde une araignée tisser sa toile sur un arbre, je peux reconnaître que l’objectif de l’araignée est de pouvoir manger des insectes qui vont venir se prendre dans sa toile. C’est le désir de manger et de survivre qui motive son action.

 

Je peux également observer que l’araignée va utiliser une méthode bien précise, qui va lui permettre avec un minimum d’efforts de réaliser sa toile.

 

Je sais également que l’araignée est capable de s’adapter à différentes situations comme les distances variables à couvrir entre les branches de l’arbre.

 

La science avance que l’araignée obéit à un instinct lié à son espèce, mais malgré tout, on peut percevoir à travers son action les lueurs d’un mental concret, de par sa recherche de l’efficacité et sa faculté d’adaptation à son environnement.