La souffrance physique n’est pas la seule souffrance qui affecte les hommes et les animaux. Il existe une forme de souffrance qui n’a pas de lien direct avec la douleur physique provoquée par un accident, une maladie, un déséquilibre …

 

Cette souffrance est qualifiée de souffrance morale.

 

Solitude

 

Je vais essayer de déterminer, dans les lignes qui suivent, les causes de ce type de souffrance.

 

Lorsqu’un événement familial me touche et que je suis séparé d’un être cher avec un décès par exemple, je ressens un sentiment de déchirement comme si la personne disparue était un peu moi-même. Ma vie, tout à coup, devient plus triste, je perds mon optimisme, mon entrain. Manger, travailler, vivre en un mot, tout devient pénible. Il va falloir de nombreuses semaines pour retrouver un équilibre et une joie de vivre. Et pourtant rien n’a touché, ni endommagé mon corps ; seuls des sentiments et des pensées négatives me traversent.

La souffrance qui est exprimée ici, a pour cause l’attachement, les liens que j’ai entretenus précédemment et l’histoire commune que nous avons vécue.

 

Si cette personne n’avait pas été une personne proche, les sentiments négatifs auraient été beaucoup moins prononcés, voire des sentiments pratiquement indifférents ou inexistants si je ne connais pas la personne et que je n’ai pas été sensibilisé sur son cas.

Je peux également éprouver une souffrance morale, si je vois que mes actions ont conduit une autre personne à souffrir ; par exemple si j’ai été responsable d’un accident et que cette personne est devenue infirme, je vais ressentir un sentiment de culpabilité.

En résumé, on peut dire que la souffrance morale peut naître en moi si mes intérêts matériels, personnels ou relationnels sont touchés négativement.

Cela peut se traduire par une perte d’argent, de biens matériels, un accident, une maladie ou infirmité, une difficulté relationnelle, une rupture relationnelle, la disparition de proches …

 

Pour ces mêmes raisons la souffrance morale peut surgir également en moi si des personnes qui me sont plus ou moins proches sont touchées.

Si elles sont touchées par ma faute alors cela sera un sentiment de culpabilité, si je ne suis pas responsable, je peux éprouver de la compassion pour la personne qui est affectée ou encore de la colère envers la ou les personnes responsables.

 

La non-satisfaction du désir est dans de nombreux cas à l’origine de la souffrance morale. J’aime une personne du sexe opposé, je voudrais engager une relation avec elle, mais celle-ci refuse ou reste indifférente à ma requête.

 

Au niveau psychologique, la souffrance morale peut exister même si apparemment, il n’y a pas d’évènement extérieur qui puisse justifier cet état, car l’être humain vit dans un monde intérieur complexe qui trouve en lui-même la justification de ses sentiments.

 

Je suis déprimé, car j’ai le sentiment d’être incompris par mon entourage, inutile pour la société ou encore j’ai perdu l’espoir d’une vie meilleure.

 

Tous ces sentiments négatifs sont propres à l’individu qui les vit intérieurement sans que l’entourage soit pour autant alerté ou sensibilisé.

 

Là encore le corps émotionnel est parcouru par ces vibrations négatives qui viennent obscurcir la vie de l’individu.

 

Nous pouvons affirmer que chaque être humain, au cours de son existence sera affecté par la souffrance physique et morale.

Bien entendu l’intensité de cette souffrance est variable suivant « l’événement » concerné et également d’une personne à l’autre.

 

Des recherches ont été menées pour tenter de graduer la souffrance, mais celle-ci ne peut se réduire à des chiffres et garde le voile propre à l’intimité de chaque individu.

Les souffrances morales sont utiles « à petites doses » car elles nous aiguillonnent pour orienter notre vie, comprendre ce qui est fondamental ou non dans notre existence, progresser vers un avenir meilleur.

Les souffrances morales très fortes sont à éviter car elles peuvent affecter très gravement notre être, provoquer une dépression, une dégradation parfois irréversible.

Nous cherchons à supprimer la souffrance physique en recourant à la médecine, l’hygiène, la diététique, le sport …

Nous devons chercher de façon analogue à évacuer la souffrance morale en recourrant à des méthodes similaires et également par l’aide relationnelle de notre entourage ou de personnes compétentes.